Description du projet

LFDA_40x60Lassés d’être exploités par leur propriétaire M. Jones, les animaux d’une ferme se révoltent afin de créer une société juste et égalitaire.

Mais la conduite de cette révolution fait l’objet de débats, et entre les deux plus éminents des cochons, leaders naturels, Boule-de-Neige et Napoléon, s’installe une véritable lutte de pouvoir.

Utilisant les animaux comme personnages principaux de cette allégorie, Orwell tient à démontrer que toute prise de pouvoirs participe du même mécanisme : simplification du langage, manipulation des masses par la violence, dramatisation des évènements quotidiens et utilisation de la dissimulation.

Aujourd’hui, il suffit d’écouter les dirigeants politiques pour se rendre compte qu’un langage simple et même simpliste gangrène les discours. Il suffit de regarder les informations pour comprendre que beaucoup de faits sont travestis. Les nouvelles technologies de communication sont autant de moyens mis à la disposition des dirigeants pour instrumentaliser les peuples.

Les moutons de “La Ferme des Animaux” sont devenus des consommateurs dociles et soumis aux lois du Marché.

Les réflexions qu’inspire le texte écrit par George Orwell en 1945 sont essentielles et d’avenir. La plus importante est certainement la nécessité d’une vigilance individuelle et collective.

L ’espace vide permet d’éliminer tout ce qui peut rappeler l’imitation d’un lieu du monde, et de refuser la figuration. C’est un espace vierge où l’acteur peut reconstruire un univers autonome dans lequel il sera possible de recréer “des signes caractéristiques” ( B. Brecht).

L’espace vide permet également de changer l’exercice du regard du spectateur, qui est libre alors d’inventer à partir de ce qu’il lui est proposé et de combler le vide par son travail imaginaire. L’acteur devient montreur, donne à imaginer. Le spectateur devient participant actif de la représentation.

Sans utiliser ni masques, ni costumes ou autres accessoires, l’acteur doit créer et réinventer des signes qui permettront de comprendre et les lieux où se situe l’action, et les différents animaux qu’il incarne. Mieux, les personnages ne sont pas réellement incarnés, ils sont montrés. Tout le travail du comédien consiste alors à donner à voir un animal, poule ou cochon, sans figurer cet animal. Le spectateur imagine ensuite sa propre représentation de chaque animal.

Seul en scène, l’acteur ne raconte pas l’histoire il la joue en utilisant son instrument (corps) dans sa totalité : voix, amplitude du geste, mimique, énergie, afin d’interpréter tous les personnages. Tout en montrant les animaux, il reste un homme qui joue une histoire en face de personnes qui regardent et écoutent (ce qui le différencie du conteur qui s’adresse directement au public).

La scène vide devient ici la métaphore du nouveau monde que les animaux ont décidé de construire : “Nous, animaux, nous avons chassé l’homme, la place est vide, nous pouvons enfin bâtir un monde nouveau, un monde plus juste. Nous allons enfin réaliser notre Utopie”. Ainsi l’universalité de l’œuvre est-elle d’autant plus enrichie que chaque spectateur peut inventer et utiliser ses propres références, soit en imaginant les personnages historiques auxquels Orwell fait allusion, soit en rapprochant les évènements qui lui sont présenté à des événements contemporains. Dans le même temps l’acteur réalise sa propre utopie : jouer seul tous les personnages de la fable.

Gilbert Ponté
Gilbert PontéLa ferme des Animaux
Depuis plus de 20 ans, Gilbert Ponté travaille d’une manière toute personnelle le spectacle solo. Au fil des ans, il a créé son style de narration qui se rapproche du « théâtre récit » qu’on trouve spécifiquement en Italie, et dont il existe peu d’équivalent en France. Il s’agit de spectacles populaires et didactiques dont l’initiateur fut Dario Fo. Le comédien y affirme un corps parlant dans un espace vide.