Description du projet

Présentation

« Je voudrais être n’importe qui, sauf moi.« 

Carson McCullers

Une famille d’aujourd’hui. La jeune fille (difficile de lui donner un nom, elle en change tous les jours…) vit avec sa mère. Le père, “gratteur de guitare”, est parti vers d’autres “chemins de gloire”. La mère, on sait qu’elle tient un salon de coiffure, son pivot, sa vie.

Attaques, défenses, replis sur soi, mouvements vers l’autre, esquives… Entre la mère et la fille se noue une histoire de corps, une histoire de solitudes, de solitude des corps, l’un jeune, l’autre en perte de jeunesse.

Être… La jeune fille y arrive à travers beaucoup d’errances, de replis, de révoltes qui sont autant de moyens pour intégrer la violence ressentie du monde des adultes.

Elle finit par y réussir en inversant les rôles. Au dernier tableau, elle coiffe et soigne sa mère dans un acte de tendresse et de liberté profondes. Le temps a fait son effet. La mère et la fille peuvent se retrouver, chacune ayant fait un bout de chemin dans la compréhension.

La pièce joue des symboles pour englober de façon large de nombreux cas de figure. Dans un conflit dit “de génération”, souvent perçu comme une déflagration par les adultes, perce le chant d’amour derrière l’atomisation des rapports et des règles. Les douleurs adolescentes font sauter les certitudes établies des adultes.

 

Génèse

Ces adolescents se cherchent, comme un comédien cherche son personnage …

Depuis de longues années, je côtoie le monde des adolescents, au sein d’ateliers de théâtre et d’ateliers d’écriture. Je suis touché par leurs capacités à exprimer ce qu’ils vivent et ce qu’il ressentent. C’est l’image de notre société d’aujourd’hui qu’ils révèlent.

L’adolescence est cette période où le temps semble infini, où rien n’avance. Où tout semble possible et où tout est illusoire. C’est de ce temps entre deux temps, celui de l’apprentissage des règles d’une société sans règle et celui du bouleversement chimique du corps, dont il est question ici.

Ce mélange explosif, je le ressens profondément à chaque fois que je suis confronté à des adolescents. Une énergie extrême, des corps déstructurés, un besoin narcissique d’exister, des réactions déstabilisantes, qu’il faut utiliser dans l’imaginaire, le théâtre. Les adolescents se cherchent, comme un comédien cherche son personnage, en essayant de rassembler des émotions éparses, des bribes de souvenirs, des observations, et d’y mettre de l’ordre

afin de pouvoir créer. Ils sont, eux aussi, dans cette démarche de « création d’un autre » qu’il ne connaisse pas encore. Ils essaient de donner naissance à cet « autre » d’une manière maladroite, en utilisant la boîte à outil de leurs rêves.

Ils ne se dévoilent et ne sont capables d’exprimer leur fragilité que devant un regard bienveillant. C’est la confiance qui leur permet d’écouter une parole vraie. Ils ne peuvent trouver les réponses à leurs questionnements que dans un lieu où le mensonge n’existe pas. Vouloir donner la parole aux adolescents soulève alors de nombreuses questions.

Qu’est-ce qui fait bouger la jeunesse d’aujourd’hui ?

Qu’est-ce que les adultes apportent à cette jeunesse qui aspire à des réponses assumées pour les rejeter avec violence ?

Les adultes ont-ils des réponses ? Ils semblent si décontenancés, impuissants, en déshérence, pris entre d’une part un monde instable, violent, angoissant, et d’autre part le volcan de la jeunesse qu’ils attisent.

Le théâtre peut apporter un semblant de réponse à l’appel de la jeunesse. Au moins en ce qui concerne l’intérêt aux autres et la curiosité intellectuelle. Au moins peut-il ouvrir des vannes, être une chambre d’écho. La mue de l’adolescence, ce difficile changement de peau, a à voir avec le théâtre. Le théâtre est un jeu d’apparence. Le « Je est un autre » de Rimbaud, poète-phare des adolescents.

Alice DUMONT
Alice DUMONTComédienne
Comédienne formée au Cours Florent , elle construit son parcours en jouant aux côtés de Jeanne Arènes dans les 4 Deneuve de Melissa Drigeard de 2005 a 2009 et en interprétant Shakespeare, Jean Claude Grumberg, Michel Marc Bouchard, Olivier Py ,…

Au cinéma, après avoir travaillé sous la direction de Bob Mac Andrew, elle tourne entre autres dans ‘L’encre et la plume’ , moyen métrage pour lequel elle interprète le rôle d’Anne d’Autriche et ‘Les Peres Noêl’, court métrage d’Emmanuelle Michelet primé lors de nombreux festivals et dont elle interprète également la bande originale.

Marion PETIT PAUBY
Marion PETIT PAUBYComédienne
Comédienne formée à l’ENSATT Lyon 2010/2013, Marion Petit Pauby suit les classes de Philippe Delaigue, Guillaume Lévêque , Agnès Dewitte, Frederic Fonteyne, Anne Fisher, Albert Jaton, Eloi Recoing (marionnette) Laleh une fleur en partage, mise en scène Sei Shiomi. Les accapareurs, de Philipp Löhle, mise en scène C.Carabédian. Paris Indécences, mise en scène Franck Vercruyssen (adaptation de Outrage aux moeurs de Moïsès Kaufman et Une femme sans importance d’Oscar Wilde). Le Grand Ensemble, mise en scène Philippe Delaigue, commande de 16 pièces courtes à de jeunes auteurs sur la crise dans la ville.